Easyflight teste les vols sans pilote

Le CEO d’Easyflight Bernard Crache a présenté jeudi une mesure inédite qui permettra de diminuer de 15% le prix des voyages en supprimant le principal facteur de coût d’un vol: le pilote.

“Quand la pression compétitive augmente, vous vous retrouvez face à deux options. Ou vous décidez de ne pas prendre part à la bataille et vous courez alors le risque de devenir insignifiant. Ou vous décidez de faire face à la concurrence et de vous battre.” C’est ainsi que Bernard Crache a introduit la présentation de la nouvelle stratégie censée accélérer le développement d’Easyflight.

Pour se démarquer de ses adversaires, Easyflight veut recentrer sa stratégie sur le prix. “Le service a un coût. C’est une approche, c’est une touche humaine, qui peut s’effacer devant une approche plus agressive des prix.” A partir de cette “tradition”, comme la nomme Bernard Crache, Easyflight a développé deux axes :

La compagnie britannique a commencé par annoncer la suppression des hôtesses de l’air et des stewards sur les vols courts. Ils seront remplacés par des agents de sécurité chargés de veiller au bon déroulement du vol. Leur nombre sera fonction de la taille de l’appareil. Pour ses A320 capables d’embarquer 164 passagers, Easyflight ne prévoit que deux agents de sécurité en remplacement des six hôtesses actuellement nécessaires.

Toujours sur les vols cours, Easyflight va tester les trajets sans pilote. “Suite à l’informatisation et à l’automatisation des processus de vol, la présence d’un pilote par appareil n’a plus de raison d’être. Le coût de la main d’œuvre représente jusqu’à 20% du prix des billets. En remplaçant les hôtesses par des agents de sécurité et en supprimant le pilote, nous pourront réduire nos prix de 10 à 15%. Aujourd’hui, le pilote n’a plus qu’une légère fonction de contrôle du pilote automatique. On peut donc également former nos agents de sécurité à ce contrôle léger.”

Outre l’assistance durant les manœuvres dites sensibles (décollage et atterrissage), la présence du pilote permet de palier à une défaillance physique du pilote automatique. “Pour remédier à ce risque, l’ordinateur de bord subira un examen une fois par an”, annonce Bernard Crache. “En nous assurant de leur bon fonctionnement et en limitant cette mesure aux vols courts [NDRL: moins de 7h], nous limitons le risque de défaillance du pilote automatique. Il devient ainsi possible de voler sans pilote humain. C’est un risque limité, contrôlé, que nous proposerons à nos voyageurs en échange de tarifs toujours plus agressifs”.

L’ambition affichée est de faire d’Easyflight “la compagnie la plus compétitive du marché, celle qui rassemble les gens, celle qui fait du voyage un plaisir, mais aussi un pari ludique dont le risque est limité”. Pour son patron, c’est le meilleur moyen de différencier son entreprise alors que la concurrence augmente dans un secteur où les coûts peuvent fortement varier selon les services proposés.

 

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