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Brexit: L’Écosse, l’Irlande du Nord et Londres, nouveaux membres de l’Union européenne

2020-08-12

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L’Union européenne (UE) a officiellement intégré l’Écosse, l’Irlande du Nord et Londres respectivement comme 28e (venant se substituer au Royaume-Uni), 29e et 30e États membres. Cette appartenance de plein droit à l’UE résulte directement des résultats du vote du 23 juin.

Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes

Donald Tusk, Président du Conseil européen, explique cette évolution institutionnelle : « L’article 1er de la Charte de l’ONU proclame le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Le référendum ayant montré qu’une majorité d’Écossais, de Nord-Irlandais et de Londoniens voulaient rester dans l’UE, nous avons interprété les votes de résistance au Brexit comme une sécession d’États. Ainsi, la reconnaissance / substitution fut immédiatement actée et officialisée ».

Johannes Hahn, commissaire européen à l’élargissement, défend les tenants de cette substitution rapide : « Notre Commission est, par nature, très réticente à reconnaître la validité des résultats d’un vote démocratique. Nous avons donc minimisé la portée de ce désaveu du projet européen en intégrant ces nouveaux États à l’UE, cassant ainsi la dynamique populaire enclenchée ».

Les Écossais ont accueilli avec satisfaction leur réintégration éclair dans l’UE. Sandy Harveys, d’Édimbourg, se réjouit que son nouveau pays soit résolument européen : « Toute ma famille a voté pour le remain (maintien dans l’UE, ndlr), sauf mon oncle dépressif et aigri. J’espère juste qu’on ne nous fera pas voter de nouveau, comme en 2014, sur notre appartenance au Royaume-Uni. L’Écosse est britannique et nous voterions résolument pour le remain (maintien en Grande-Bretagne, ndlr) ».

Le nouveau maire de Londres, Sadiq Khan, désormais chef d’État, a également félicité l’UE pour son coup de maître : « À présent, Londres est le 30e État membre de l’UE ! Je gouvernerai mon pays avec honneur et respect pour mes administrés. Je pense en particulier à la reine et au Premier ministre d’Angleterre-Pays de Galles, notre pays allié de toujours, que mon gouvernement traitera avec la considération qui leur est due »

La joie est partagée en Irlande du Nord. Pour Benny O’Brens, « c’est assez amusant que nous soyons de nouveau dans l’UE ! Toute ma région d’Antrim a voté pour en sortir, mais comme elle appartient à l’Irlande du Nord, nous allons quand même devoir rester », avant de s’interroger : « Mais au fait, puisque nous avons voté pour le Brexit, ne devrions-nous pas faire sécession avec l’Irlande du Nord ? ».

Des sécessions « raisonnables »

Certaines voix discordantes se font cependant entendre. Ainsi, Neil Stuart Connelly, élu UKIP dans la circonscription de London-Brooklands : « Mon arrondissement de Londres, Havering, a voté à 69,7 % pour la sortie de l’UE. Havering est donc en sécession avec Londres et doit sortir de l’UE ».

Des velléités d’indépendance jugées fantaisistes par le Président Tusk : « Un vote de sécession ne compte évidemment que lorsqu’il est favorable à l’UE, selon le principe du vote raisonnable. Si l’on commence à faire ce que les gens désirent, où ira-t-on ? C’est exactement la raison pour laquelle nous avons toujours fait revoter les Irlandais lorsqu’ils s’opposaient à la logique de l’Union, jusqu’à ce qu’ils votent bien. C’est également pour cette raison que nous n’avons tenu aucun compte du « non » français en 2005 et que le traité européen a finalement été ratifié en 2007 ».

C’est précisément grâce à ce principe de vote raisonnable que la France avait été maintenue dans l’UE malgré le référendum de 2005 (non à 54,7%). À défaut, sa sortie de l’UE aurait, fort logiquement, été contrecarrée par la réintégration immédiate des régions Bretagne et Pays de la Loire, favorables à l’UE, fusionnées en un État de Grande-Bretagne II.

Quant au gouvernement d’Angleterre-Pays de Galles, il a annoncé que, pour des raisons évidentes de coûts, son administration demeurerait établie à Londres. Selon le Premier ministre, David Cameron : « En 1940, le gouvernement français, ainsi que le gouvernement néerlandais, s’étaient établis à Londres. Il n’y a donc aucune raison que celui d‘Angleterre-Pays de Galles n’y siège pas, d’autant que nous partageons beaucoup de valeurs communes avec Londres, même si une période d’adaptation sera nécessaire durant les premiers mois ».

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