Le Fact-Checking, c’est de la merde

Depuis plusieurs années on voit de nombreuses initiatives de « fact-checking » se développer chez nous.

Le fact-checking, ça consiste à vérifier les faits. Globalement c’est le rôle de base du journaliste, mais un mot en anglais ça fait toujours un peu sérieux. L’idée de fact-checking telle qu’usitée aujourd’hui c’est plutôt la vérification d’informations dont la véracité fait polémique.

Nous pensons que ces initiatives sont saines. Il est évidemment important de rétablir la vérité, d’autant plus quand des mensonges savamment orchestrés cherchent à désinformer la population pour des raisons économiques ou politiques.

Hoax-net.be un exemple indépendant parmi d’autres, fait un super boulot qui est bien trop souvent oublié. Ce qu’ils font de très malin, c’est qu’ils scrutent réellement UN MAXIMUM de ce qui traine et fonctionne sur Facebook. Ils expliquent ensuite souvent très bien pourquoi c’est faux et poussent les lecteurs à recouper les sources.

Mais ces dernières années, on a vu émerger des initiatives institutionnalisées, renforcées fortement par la victoire de Donald Trump en 2016.  Les Décodeurs du Monde, Check-News de Libé, Fake Off de 20 minutes… 

(De notre côté on pense; et c’est corroboré par plein d’analyses, que les fake news n’ont eu qu’une influence très réduite sur l’opinion américaine et que le fact-checking face à ce phénomène ne sert quasiment à rien, comme l’explique bien ce rapport de l’UE: https://www.dartmouth.edu/~nyhan/fake-news-2016.pdf
Et que si on parle tant de combat contre les fake news, c’est d’abord parce que le monde politique traditionnel a peur. Mais aussi parce que les médias ont réalisé que des gamins qui font des blagues font + de visiteurs qu’eux. La société toute entière a aussi découvert que l’abrutissement des masses pouvait être pratique pour vendre du Nutella, mais plus ennuyeux quand les cons votent.)

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Tous trois rémunérés grassement par Facebook pour devenir des médias de vérification. Pour empêcher le drame de la décennie, la désinformation des gens. Comme si c’était depuis l’arrivée des réseaux sociaux ou pire, depuis 2016, que les gens croyaient n’importe quoi.

Alors comment ça marche ?

Dans cet article de Libé, ils expliquent en détail leur collaboration:

Concrètement, plusieurs médias français (mais aussi américains) sont destinataires d’une liste de liens envoyée par Facebook, liste qui renvoie vers des contenus signalés par l’algorithme ou des internautes. Il y a plusieurs centaines de liens dans la liste. Ce lundi matin, on en compte par exemple 374. A charge des médias partenaires de vérifier ces contenus. Il n’existe évidemment aucune obligation de quantité. De même, les médias ne traitent que les contenus qu’ils jugeront intéressants. Quand on considère que l’info est fausse, on écrit un article pour en faire la démonstration. Facebook accolera ensuite au contenu douteux cet article en lien. De manière à ce que l’internaute soit averti que l’info est jugée fausse par des médias.

En échange de ce travail, Facebook nous rémunère donc. Le montant versé dépend du nombre de papiers vérifiés. A Libé, le montant perçu en 2017 (première année du contrat) nous permet à peu près de financer deux postes supplémentaires.

Du coup, ça produit ce genre de trucs, où certains internautes voient ça dans leur fil d’actu: (Ca n’apparaît pas d’office sous toutes les publications scienceinfo, probablement pour que cela ne se voit pas trop de manière systématique)

On explique donc directement, sur base de la seule volonté de Libération, qu’une information est vraie ou fausse, sans la moindre possibilité pour le média incriminé de se défendre.

Alors là, certes, c’est une info satirique un peu bidon. Mais après tout, qu’est-ce que ça peut faire que les gens croient à la présence de Mars énorme dans le ciel le 27 juillet ? Ca va provoquer des émeutes ? Ca va les faire voter pour des nazis ? 
Ou alors c’est juste pour que Libération puisse facturer ses 800 (!) euros à Facebook pour sa vérification de ce truc débile ?

Libération peut donc à ce titre aussi debunker les voyants, l’homéopathie et toutes les religions dont la vérité scientifique n’est pas prouvée.

Également, là où ce système a des limites, c’est que lorsqu’un article est débunké par un média vérificateur et qu’il est modifié en corrigeant les erreurs, le média vérificateur affirme donc qu’un article vrai est faux.

Autre exemple débile de ce système:

Comme expliqué précédemment, lorsqu’un média vérificateur, contre rémunération de FB, définit qu’une information est fausse, l’article/le lien en question est taggé automatiquement par Facebook comme étant une information qui nécessite d’afficher à l’utilisateur le message de prévention selon lequel il s’agit d’une parodie.

Et cela s’affiche automatiquement chez tout utilisateur qui voit passer ce lien dans son fil d’actualité. Ce message n’est pas affiché sous tous nos articles, uniquement ceux taggés manuellement par Le Monde.

On voit ici directement les limites de ce système. Parce qu’ici, est-ce que quelqu’un du Monde peut nous expliquer pourquoi cet article a été taggé comme parodique ? Il s’agit d’un sérieux résumé de notre jugement victorieux contre Sudpresse. Il s’agit d’un article qui ne contient pas la moindre blague. Si ce n’est évidemment le fait que ces abrutis de Sudpresse attaque en justice Nordpresse pour défendre leur droit à faire une carte des musulmans de Belgique.

Et que dire de ça ? 

Faites le test, partagez ce lien sur Facebook: http://www.libreactu.fr/qui-se-cache-derriere-la-censure-sur-facebook/ . Il y a de grandes chances que vous voyez le même message que ci dessous:

Ici, on voit donc directement Libération qui utilise un mécanisme de défense contre les fausses informations pour discréditer un média indépendant qui ne fait qu’énoncer des vérités afin de lui couper l’herbe sous le pied et essayer d’empêcher le lecteur de partager une information qui n’a rien de fausse. Ce n’est pas, comme Facebook et Libération l’indiquent « D’autres informations sur le sujet ». C’est purement et simplement la volonté d’empêcher de critiquer ce partenariat entre Facebook et Libé.

Ensuite, sur leur arrangement financier, il y a des trucs qui clochent, gravement:

Libé nous explique que Facebook leur permet de payer 2 emplois. L’un de ces emplois est dédié à corriger les intox. Cela veut donc dire qu’indirectement Facebook finance Libération au delà du travail qu’ils font réellement pour eux.

Ensuite, dans cet article, ils parlent de 20.000 dollars pour 1 mois et 25 vérifications. 240.000 dollars par an potentiels, 200.000€.

 

Soit 800 euros pour vérifier que Mars ne va pas faire la taille de la lune ? 
De plus, si 200.000€ permet uniquement de payer 2 personnes, on félicite les journalistes de Libé pour leurs superbes conditions salariales.

Sur les questions d’indépendance face à Facebook, Libération répond ceci:

Notons que c’est un bien pauvre argument puisque leur titre sous forme de question peut ouvrir à une réponse négative. Et qu’ils n’hésitent pas, parfois, à se passer de points d’interrogations:

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Nous sommes désolés, nous ne cherchons pas à crier au complot ou à accuser les travailleurs de Libé, mais il est, pour chacun, difficile de croire qu’il y aura un traitement neutre pour Facebook alors qu’ils permettent d’une manière directe de faire vivre plusieurs travailleurs et offre à Libé d’une manière indirecte une exposition médiatique et un crédit immense. Il en est de même pour les autres partenaires de vérification.

Evidemment, les entreprises privées font les accords commerciaux qu’elles désirent dans le privé, autant ici, nous sommes d’un côté face à un réseau social qui a pris une place immense dans nos vies, et d’un autre côté face à des médias lourdement subventionnés par l’État Français…

et par des groupes financiers très puissants:

Comment, dans ce cadre, avoir confiance en ces médias ? 

Comment défendre un fact-checking partisan orchestré par des médias directement financés par le réseau sur lequel sévit la désinformation ?

On fait quoi alors ?

Nous pensons qu’il est essentiel d’informer les gens mais que cela passe par le travail de tous. Que cela passe non pas par la labellisation de médias certifiés fiables mais par un véritable combat pour + d’esprit critique. On ne sauvera pas les gens en leur expliquant ce qui est vrai ou ce qui est faux. On les sauvera en leur donnant les outils de défense intellectuelle qui leur permettront de combattre seuls la manipulation. Mais ça, ce n’est pas ce que cherchent aujourd’hui ces grands médias. Ils ne cherchent pas à dire aux gens de confronter les sources. Ils cherchent à gagner la guerre de la presse, à faire partie des derniers à survivre quand le secteur entier agonise.

La plupart des gens prennent simplement les gens pour des cons en étant bien contents qu’ils le soient.
Nous on ne prend pas les gens pour des cons, mais on n’oublie pas qu’ils le sont. Et on aimerait qu’il y en ait un peu moins demain.

C’est pour cette raison que des animations sont mises en place par l’un des fondateurs de Nordpresse avec Enseignons.be sur l’éducation aux médias. 

 

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