Coucher n’est pas tromper, se défend un homme en instance de divorce

Un divorce surréaliste est en train d’être jugé dans un tribunal de Bruxelles. Le mari base sa défense sur son opinion selon laquelle coucher n’est pas tromper.
Jonathan de Smet de Flandres est actuellement en instance de divorce avec sa femme et a déclaré lors de l’audience d’hier ceci:

Ce n’est pas parce que j’ai couché avec ma secrétaire que j’ai trompé ma femme. Je ne vois pas en quoi coucher c’est trompé. Je n’ai jamais menti. Je ne lui ai pas dit, c’est tout. Mais je ne lui ai jamais dit que je ne la trompais pas non plus.

Sa femme, en pleurs, a elle déclaré que les propos de son mari étaient ignobles et qu’elle ne connaissait plus l’homme avait lequel elle s’était mariée 12 ans plus tôt.
En Belgique, comme dans la plupart des pays occidentaux, l’adultère est une cause de divorce reconnue par la loi et permet au conjoint trompé de « gagner » le divorce. La justice devra maintenant décider du bien fondé de la déclaration de M. de Smet de Flandres mais il semble mal parti. L’avocate de sa femme a déclaré ce matin à la presse « qu’il avait fait une grossière erreur en exprimant de tels propos devant le juge ».

La loi dit ceci:

L’article 229, §1 du Code civil dispose que « Le divorce est prononcé lorsque le juge constate la désunion irrémédiable entre les époux. La désunion est irrémédiable lorsqu’elle rend raisonnablement impossible la poursuite de la vie commune et la reprise de celle-ci entre eux » .

Lorsqu’un des époux sollicite le divorce pour désunion irrémédiable, il doit démontrer :

  • la réalité du fait qu’il invoque
  • que ce fait « rend raisonnablement impossible la poursuite de la vie commune et la reprise de celle-ci ».

Ainsi, l’époux qui invoquera, par exemple, l’adultère de son conjoint devra démontrer non seulement la réalité de cet adultère mais aussi que ce fait « rend raisonnablement impossible la poursuite de la vie commune et la reprise de celle-ci ». Or, il existe de nombreux couples qui ont survécu malgré l’existence d’un adultère ! Le juge devra donc, dans chaque cas, vérifier si le fait invoqué signifie la mort du couple. Il va de soi que l’attitude du conjoint défendeur aura toute son importance. S’il ne conteste pas la réalité du fait invoqué et s’il admet que ce fait « rend raisonnablement impossible la poursuite de la vie commune et la reprise de celle-ci », il est vraisemblable que le juge prononcera immédiatement le divorce pour désunion irrémédiable.

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