Tout commence un après-midi d’août 1998. Un homme sonne chez son voisin pour emprunter une échelle. Il promet de la rendre « en fin de semaine ».
Vingt-sept ans plus tard, l’affaire arrive devant la Cour de cassation.
Le dossier compte désormais plus de quatre mille pages. Il a mobilisé onze avocats, trois experts et un géomètre chargé de déterminer la position exacte de l’échelle au moment des faits.
« Ce n’est plus une question d’échelle », explique l’un des conseils. « C’est une question de principe. Mon client attend depuis 1998. »
L’échelle, entendue comme témoin lors d’une audience restée célèbre, est demeurée muette. Elle est conservée sous scellés depuis 2011.
Les deux voisins, aujourd’hui âgés de soixante-dix ans passés, ne s’adressent plus la parole. Leurs enfants non plus. Leurs petits-enfants, en revanche, sortent ensemble.
