Les premières incursions remontent à février. En trois semaines, l’animal avait perfectionné sa technique au point d’ouvrir la porte d’un coup de museau parfaitement calibré.
Les tentatives de dissuasion ont échoué les unes après les autres : élastique, chaise, bloc aimanté. Chacune a été contournée en moins de quarante-huit heures.
« On s’est rendu compte qu’on était en train de perdre », résume le père de famille. « Alors on a changé d’approche. »
Un accord a été rédigé sur une feuille de bloc-notes et affiché sur la porte du frigo. Il prévoit un partage équitable du jambon, l’inviolabilité du fromage et un droit de passage libre entre huit et dix heures.
L’accord est respecté depuis six semaines. « C’est plus qu’on n’en attendait », reconnaît la famille. Le chien, contacté, n’a pas donné suite.
