Comment Nordpresse a envoyé un étudiant français avec 23,50€ en poche à Kiev comme journaliste

C’est vers mi-juillet qu’en scrollant sur Facebook, je vois une publication de Vincent qui cherche quelqu’un pour aller faire l’imbécile en Ukraine tous frais payés par l’Eglise orthodoxe.

Vincent Flibustier

Je viens de recevoir une invitation sur Nordpresse pour un voyage de presse en Ukraine pour découvrir la nouvelle église orthodoxe de Kiev (ou un truc du style) avec l’opportunité de faire un petit…

Vincent Flibustier

Bon, mise à jour, l’Ukraine veut bien qu’on envoye 2 journalistes tous frais payés à la fin du mois de juillet, et nous demandent si on pourra en faire un résumé du voyage à publier sous forme…

Dans ma tête je lis « Vacances gratuites ». Donc j’envoie un message à Vincent, lui promettant de me faire un tatouage satanique si nécessaire. Il est partant. Sauf que. Sauf que le truc, c’est qu’on s’est juste croisés à Lyon pour sa conférence Fake News après laquelle il m’a payé un shot, et que je suis aussi belge que lui est journaliste.

On se dit donc que c’est tellement gros que jamais, surtout pour des gens de l’Est, ça ne pourra passer.

Ils vont forcément se rendre compte qu’ils se sont jetés dans la gueule du loup et faire machine arrière. Donc j’en parle un peu autour de moi mais pas trop, histoire de pas avoir l’air d’un con en cas d’annulation. Puis vient le jour où j’en parle à mes parents, sur la terrasse d’une pizzeria, puis au téléphone pour ma mère qui flippe sa race.

Mon père et ma belle-mère croient à un canular de Vincent, qui se moque de moi. Pourquoi pas, après tout c’est sa spécialité, mais pourquoi faire ça à un étudiant quand on peut le faire à une institution religieuse ? Alors on fait le truc à fond (surtout Vincent). Il échange des dizaines de mails avec les Ukrainiens, je finis par envoyer une copie de mon passeport, et, quelques jours avant le départ, on reçoit les billets d’avion.

Security Check Required

No Description

Le matin du départ, pour faire marrer les lecteurs débiles que vous êtes, je rédige mon testament sans oublier d’y mentionner David et Laura, puis me dirige vers la station de tram la plus proche de chez moi pour me rendre à Part-Dieu pour prendre le Rhône Express (24€ l’aller-retour Vincent 😉 ).

J’arrive ensuite à l’aéroport et m’envole pour Francfort, et ensuite pour Kiev, où un chauffeur m’attend pour me déposer à l’hôtel. Je prends une douche, fais un live et la suite vous la connaissez.

Il reste cependant une chose que je n’ai encore dite à personne. Avant de partir pour l’aéroport de Borispol, le Père Sergii m’a emmené visité les caves du monastère. Je sais ce que vous vous dites, mais je suis trop vieux pour lui et en plus il est marié. Bref, donc on entre, ce sont des couloirs successifs avec des toutes petites pièces, pour prier ou dormir, creusées il y a près de 1000 ans. Il y a d’ailleurs les cercueils des métropolites de l’époque, des cercueils transparents. Oui, j’ai vu des cadavres de plus de 500 ans. Mais les photos étaient interdites, on s’éclairait à la bougie parce que le flash était aussi proscrit. Apparemment, les cadavres de ces métropolites, bien qu’ils soient très anciens, stagnent à la température de 36,6°C. Si même avec ça vous ne croyez pas en Dieu, je ne sais plus quoi faire.

Pour le retour j’ai eu un peu peur. D’abord à la douane où j’ai dû m’accroupir et tousser (non c’est pas vrai j’ai juste dû jeter mes 2 bouteilles de vodka, du coup j’en ai racheté une en duty free). Ensuite, on a décollé avec un peu de retard à Kiev (environ 2h). Turbulences pendant le vol, assis à côté d’un marseillais. J’ai eu plus de chance que ce pauvre homme. En effet, mon vol Francfort – Lyon était lui aussi retardé, j’ai donc eu le temps de ne rien manger (plus de sous), et de prendre mon avion, mais le Francfort – Marseille était à l’heure, l’homme a donc dû dormir en Allemagne. Mais peu importe. Là aussi, notre avion prend de plus en plus de retard, et l’arrivée est finalement prévue pour 22h50. Je rentre chez moi, je m’endors, et je me dis jour après jour jusqu’à aujourd’hui : « allez, aujourd’hui j’écris l’article ».

NDLR: En voilà une bien belle conclusion.

Les commentaires sont juste en dessous de la publicité:

Commentaires