L’Iran aurait aussi abattu Soleimani avec un missile par erreur

Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2020, Abou Mehdi al-Mouhandis, chef des Kataeb Hezbollah et chef de la branche militaire des Hachd al-Chaabi, vient accueillir à l’aéroport international de Bagdad le général iranien Qassem Soleimani arrivé du Liban ou de Syrie10,1. Les deux hommes, ainsi que des miliciens du Hachd et d’autres officiers des Gardiens de la Révolution, prennent alors place dans des véhicules11,2.

Peu après minuit, un drone américain General Atomics MQ-9 Reaper mène une frappe aérienne contre le convoi, tuant Soleimani, al-Mouhandis et plusieurs autres officiers iraniens et miliciens irakiens10,1.

L’AFP indique que selon un haut responsable américain du ministère de la Défense, l’opération a été précipitée par le hasard : Soleimani « est arrivé à l’aéroport et nous avons eu une opportunité. Sur la base des instructions du président, nous l’avons saisie »12. Un responsable local interrogé par l’AFP déclare pour sa part qu’al-Mouhandis « était venu chercher Kassem Soleimani à l’aéroport, ce qui d’habitude n’arrive pas »13. Pour Michael Knights, chercheur au Washington Institute for Near East Policy: « Soleimani était très facilement atteignable. Il était à l’aéroport de Bagdad et s’est exposé aux systèmes de surveillance américains de reconnaissance faciale. Ils ont ainsi pu l’identifier et le frapper en trente secondes. C’est très rare d’avoir ce genre d’opportunité. Et de l’avoir au moment précis où ils envisageaient de le viser »13.

L’attaque est revendiquée par les États-Unis et le Département de la Défense des États-Unis annonce que l’ordre d’éliminer Qassem Soleimani a été donné par le président Donald Trump1,14.

Le 27 décembre 2019, 36 roquettes s’abattent sur la base K1 à Kirkouk, où sont présents des militaires américains. Un sous-traitant américain est tué dans l’attaque. Le 29 décembre, les États-Unis ripostent en bombardant cinq sites tenus par les Kataeb Hezbollah, dont trois dans l’ouest de l’Irak et deux dans l’est de la Syrie, tuant au moins 25 combattants de la milice et faisant 51 blessés33,34,35. Le 31 décembre, des milliers de miliciens et de partisans des Kataeb Hezbollah pénètrent dans l’enceinte de l’ambassade des États-Unis à Bagdad36. Le 1er janvier 2020, le président américain Donald Trump menace l’Iran, affirmant tenir le pays pleinement responsable des précédentes attaques37.

Le 3 janvier 2020, Qassem Soleimani est tué à sa sortie de l’aéroport de Bagdad par une frappe de drone ciblée ordonnée par le président des États-Unis Donald Trump9,38, en représailles à l’attaque du 31 décembre 201939,40. Abou Mehdi al-Mouhandis, numéro deux de la coalition de paramilitaires Hachd al-Chaabi et chef des Kataeb Hezbollah, quatre officiers du Corps des Gardiens de la révolution islamique et quatre autres membres du Hachd trouvent également la mort lors de ce raid41,42. Le même jour, le Guide suprême nomme le général Ismael Qaani en tant que nouveau commandant en chef de la Force Al-Qods43.

Des milliers de personnes manifestent à Téhéran le 3 janvier en brandissant des portraits de Qassem Soleimani et en scandant « Mort à l’Amérique »44. L’Orient-Le Jour souligne que « ces images tranchent avec celles des manifestants qui brûlaient des portraits de l’ayatollah Ali Khamenei et de l’ancien commandant de la force al-Qods au cours de la dernière vague de manifestations. Elles tranchent également avec les slogans phares qui appelaient à la fin de l’interventionnisme iranien dans la région »45.

En Irak, la mort de Qassem Soleimani est accueillie avec joie par de nombreux manifestants anti-gouvernementaux46. Certains dénoncent « les deux occupants : l’Iran et les États-Unis »47. Dans certaines villes, les rencontres entre manifestations anti-gouvernementales et cortèges pro-Iran tournent à l’affrontement47.

Le 4 janvier, des dizaines de milliers d’Irakiens brandissant les drapeaux des milices des Hachd al-Chaabi défilent en cortège à Bagdad48,49. Le Premier ministre démissionnaire Adel Abdel-Mehdi, l’ancien Premier ministre Nouri al-Maliki, le chef du Hachd Faleh al-Fayyadh, le chef de l’Organisation Badr Hadi al-Ameri et les chefs d’autres milices participent aux obsèques48,49. Le convoi transportant les dix corps traverse ensuite Kerbala et Nadjaf48,49. En Iran, trois jours d’hommage national sont décrétés par les autorités50,51. Le 5 janvier, le convoi funéraire transportant les restes de Soleimani, d’al-Mouhandis et des quatre autres officiers iraniens traversent les villes d’Ahvaz et de Mechhed en présence d’un foule immense50,52,53. Le 6, le Guide de la Révolution Ali Khamenei prononce une prière en arabe devant les six cercueils à l’Université de Téhéran, puis le convoi traverse Téhéran en présence d’une foule estimée à plusieurs millions de personnes par la télévision d’État52,54,55,53. Des drapeaux américains et israéliens sont brûlés55,56. Le cercueil de Soleimani est ensuite transféré vers la ville sainte chiite de Qom55. Le corps de Soleimani devait être enterré à Kerman le 7 janvier, mais une bousculade pendant la procession funéraire fait au moins 56 morts et 212 blessés57,58.

Image en Iran

Les commentaires sont juste en dessous de la publicité:

Commentaires