Ligue du LOL : Christine Boutin soutient la liberté d’importuner sur Twitter

A ceux qui lui répondraient un peu vite que ses raisonnements font honneur à sa consanguinité, la réponse de l’intéressée est à la fin de l’article.

L’affaire de la ligue du LOL est sur tous les fils d’actualité. Depuis trois jours, on ne parle plus que de cette fameuse ligue de gentlemen extraordinaires créée par Vincent Glad en 2010. Un groupe phallocratique de membres triés sur le volet, ayant pour principale activité l’auto-satisfaction narcissique et l’astication exhibitionniste mutuelle en bande organisée.

Le fantasme et l’imaginaire érotique n’ont pas à être soumis au jugement d’autrui, quels qu’ils soient, comme le laissait entendre Freud en 1917 avec la phrase rendue célèbre depuis : « si c’était ma mère, je la baiserais quand même ! », qui clôturait son excellente introduction à la psychanalyse.  Cette vérité d’abord dérangeante a depuis été largement acceptée au 21e siècle, comme en témoigne le contenu florissant de l’industrie des tubes porno en ligne, sans laquelle la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron n’aurait pas pu être financée.

Sauf que cette vérité ne s’applique qu’au contenu strict de l’activité cérébrale. Les pulsions supposées viriles n’obtiennent donc plus leur justification lorsqu’elles sont numérisées et partagées. Brumisées en ligne et amplifiées par les retweets des utilisateurs du réseau, ce sont ces gouttes mal placées qui font les ruisseaux de la honte et éclaboussent la cible. Cette cible, généralement une jeune femme journaliste, cherchant à faire ses preuves en tant que telle, aux autres et à elle-même, et se retrouvait subitement encerclée par une meute de harceleurs pseudo-anonymes. Une dégradation morale, physique et sexuelle que, même 8 ans après, les victimes ont toujours du mal à avaler.

S’il est de bon ton de pointer du doigt ces agissements obscènes lorsque les réseaux sociaux s’emballent, on peut légitimement se demander si les réactions sont affaires d’opinion ou d’adaptation à la tendance. Cette technique a en effet récemment été portée au plus haut niveau par Aurore Berger, porte parole du groupe LREM, dont le retournement de veste quasi constant a malheureusement eu pour dégâts collatéral la destruction de l’oreille interne de Sheila.

Cependant, il demeure encore en 2019 certaines personnalités politiques qui savent s’élever au dessus des tendances et rester fidèles à leurs valeurs premières, prêtes à sortir pour un instant de l’ombre des ténèbres de la Moriah pour affronter un vieil ennemi à leur mesure. C’est le cas de Christine Boutin, qui déclare très officiellement sur son compte twitter :

« On a le droit d’importuner, bordel ! Si les hommes arrêtent d’invectiver les femmes pour les séduire et leur faire comprendre où est leur place, on va finir dans une société de coiffeurs !! »

Interrogée, la femme de son cousin n’a pas souhaité expliciter le sens de ses mots.

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