Jack White – 10 cents de droits d’auteur chaque fois qu’un crétin chante POOOPOPOPOPOOPOOPOOOO

Le magazine Forbes publie ce mois-ci son Top 10 des personnalités les plus fortunées de 2014, avec un nouvel arrivé qui fait une entrée fulgurante, passant directement de la 6547ème place à la 2ème comme par magie : Jack White, le talentueux producteur, musicien et auteur des White Stripes. Si le groupe qu’il formait avec sa soeur est désormais séparé, il a toutefois laissé bien des traces derrière lui, dont son tube « Seven Nation Army ».
Les connaisseurs se souviendront du magnifique riff de guitare qui amena la chanson au plus haut dans les Charts internationaux.
Mais ce ne sont ni les bénéfices obtenus par la vente de CDs ou de MP3s de cette chanson, sortie il y a onze ans, déjà, ni la récente carrière solo de Jack White qui sont à l’origine de sa soudaine ascension au classement Forbes, il s’agirait plutôt, selon l’analyse du magazine, d’une onomatopée devenue le leit motiv des matchs de football et ce encore davantage lors de la dernière coupe du monde.

Toute personne n’ayant pas séjourné dans une grotte durant les dix années précédentes n’a pu que croiser sur sa route une bande de fêtards légèrement éméchés, la bouteille de Jupiler à la main, hurlant POOOOPOPOPOPOPOPOOOOPOOO à pleins poumons.
Et bien, Jack White en a également fait les frais. Agacé par le manque de reconnaissance des supporters de football à son égard, qui ne citent jamais l’auteur de ces quelques notes, Jack White a décidé, il y a un an, de porter plainte contre X en infraction aux droits d’auteur (DMCA) auprès du Procureur Général de la ville de Détroit. L’affaire, qui au départ, devait simplement être jugée au Frank Murphy Hall of Justice, a finalement pris de telles proportions que c’est la Cour Suprême américaine qui a fini par rendre une décision stupéfiante : Jack White pourrait réclamer à qui que ce soit, aux USA comme ailleurs, le paiement immédiat de 10 cents pour peu que cette personne chante POOOPOPOPOPOPOPOOOPOOO sans faire état de l’origine de l’onomatopée en question, que ce soit en sa présence, sur une vidéo, par écrit sur internet ou ailleurs, à la radio ou par tout autre biais.

Pour Jack White, le soulagement est bien présent. Il s’est d’ailleurs récemment confié à ce sujet au magazine Rolling Stones : « Vous comprenez, ce n’est pas normal… Je veux dire, vous créez une chanson et d’autres viennent s’attribuer une part de votre travail, la sortent de son contexte, la détournent totalement et en font quelque chose d’affreux et par l’effet de buzz, vous n’avez plus aucun contrôle sur votre oeuvre… J’ai voulu dénoncer cela afin que cela n’arrive plus jamais, ni à moi ni à aucun artiste ».

A Détroit comme ailleurs, les commentaires ne se sont pas faits attendre. Une partie du monde de la musique s’indigne. comme Phil Collins, par exemple : « Je ne comprends pas Jack White. Notre but, en tant qu’artiste, est que chacun entende notre musique et si cette personne la reprend, la chante à sa façon dans sa douche, dans le métro, c’est très bien comme cela. Devrait-on faire un procès au type bizarre qui chante Lalalala sur les notes de Carmina Burana sous sa douche en fumant un pétard sur une vidéo youtube populaire ? ».

Jack White, en tout cas, tire un immense profit de cette étonnante décision : Il a déjà récupéré 6.000.000.000 de Dollars rien que durant la Coupe du Monde au Brésil, l’été dernier.
Ce n’est pas le créateur de la litanie : « tous ensemble, tous ensemble, ouais, ouais ! » qui lui donnera tort. Lui aussi, vient d’entreprendre la même démarche.

Gageons que les supporters de football seront plus prudents, à l’avenir.

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