Il devient supporter d’Anderlecht, son père le déshérite.

 A l’aube de la mort, le fils d’Henri S. lui apprend qu’il est devenu supporter d’Anderlecht. Il le déshérite.

La vérité comporte parfois un coût à payer. El la note peut s’avérer salée. Julien S., 44 ans de Herstal, vient de l’apprendre à ses dépens.

Tout commence lorsque Henri S., 82 ans, apprend qu’il ne lui reste plus que quelques jours à vivre. La nouvelle est destructrice pour Julien, unique fils d’Henri qui vient rendre visite à son père à l’hôpital. Mais dans la famille S., on n’est pas du genre à s’apitoyer sur son sort, et très vite, les discussions dévient vers le sujet de préoccupation du moment : la coupe du monde au Brésil.

Et lorsque Henri, supporter du Standard depuis 1935, a des propos très durs sur la sélection dAnthony Vandenborre, joueur d’Anderlecht, dans l’équipe qui défendra les couleurs de la Belgique, Julien craque. Las de cacher sa honteuse vérité depuis tant d’années, terrifié à l’idée de n’avoir plus jamais d’autre moment pour faire son coming out auprès de son père, il finit par avouer qu’il est supporter des mauves et blancs depuis toujours.

D’abord soulagé, Julien va bien vite le regretter. Après lui avoir balancé au visage son pot de chambre, Henri a tenté d’étrangler son propre fils sous le coup de la colère. Il a fallu l’intervention de quatre infirmières et de Jacques, voisin de chambre de Henri, récemment amputé des deux pieds, pour séparer les deux protagonistes.

L’affaire aurait pu en rester là. Mais Henri en a décidé autrement. Dans l’heure qui suivit, il appela son notaire pour modifier ses dispositions testamentaires. Julien n’aura rien. L’entièreté des bénéfices de la vente des biens de Henri ira au profit des membres du PubliK HysteriK, groupe d’animation de supporters du Standard, aussi appelé PHK. Henri a fait la demande sur son lit de mort que Silvio Proto soit enseveli sous une montagne de papier toilette lors du prochain clasico à Sclessin.

Julien a depuis demandé un bilan de santé mentale pour son père, plaidant la démence sénile pour tenter de récupérer ce qu’il pensait être ses futurs biens.

« Oufti, il va pas essayer de m’enfiler à deux semaines du jackpot le vieux-là. Je vais faire quoi moi avec mes dettes des petits chevaux du Circus. Les pissenlits, je vais lui faire bouffer tout de suite avec son dentier au vieux chnoque ».

Face à l’animosité de son fils déchu, Henri ne se démonte pas. « Moi, dément ? Alors que c’est lui qui défend la sélection de Vandenborre. Non vous ne l’avez pas bien choisi. Oui je reste vif pour mon âge, j’ai le jeu de mots facile. Je n’ai jamais loupé un spectacle de Laurent Gerra. Mais je m’égare, il faut être dément pour prendre ce pied cassé, moi mon fils, on m’a rien demandé, j’ai pas eu de chance, c’est tout, c’est la faute à pas de bol, mais Wilmots, il l’a choisi l’autre poulet sans tête. Ce sont eux les fous ! Tu m’entends Brutus ?! Ton héritage, tu peux te le ****** au *** ! Traitre ! Enfant de ****** !  ».

Entre Julien et Henri, la situation ne semble pas prête de s’arranger. Et si les heures d’Henri sont comptées, celles de l’héritage de Julien aussi.

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