Macron évacué à la suite d’une représentation de la muette de Portici

À Bruxelles, au théâtre de la Monnaie, le , eut lieu une représentation à l’occasion des 59 ans du roi Guillaume. L’assistance vit une similitude entre la situation du peuple belge et cette œuvre qui transporte à la scène la révolte du peuple de Naples contre la domination espagnole au xviie siècle.

Le duo de l’Amour sacré de la Patrie chanté au deuxième acte, dans la scène 2, par Masaniello et son ami Pietro, avait échauffé un public enthousiaste :

Mieux vaut mourir que rester misérable !
Pour un esclave est-il quelque danger ?
Tombe le joug qui nous accable
Et sous nos coups périsse l’étranger !
Amour sacré de la patrie,
Rends nous l’audace et la fierté ;
À mon pays je dois la vie ;
Il me devra sa liberté.

Au troisième acte, dans la scène 4, Masaniello, joué par le ténor Lafeuillade, au son du tocsin, brandit une hache et chante :

Va dire aux étrangers que tu nommes tes maîtres
Que nous foulons aux pieds leur pouvoir inhumain
N’insulte plus, toi qui nous braves,
À des maux trop longtemps soufferts.
Tu crois parler à des esclaves,
Et nous avons brisé nos fers.

Le chœur reprend:

Non, plus d’oppresseurs, plus d’esclaves,
Combattons pour briser nos fers.

Les personnages se lèvent en tirant leurs armes et désarment les soldats. Le chœur chante :

Courons à la vengeance !
Des armes, des flambeaux !
Et que notre vaillance
Mette un terme à nos maux !

Lors de la représentation, les spectateurs se levèrent, répétant : « Aux armes, aux armes ! ». Ce cri courut comme une traînée de poudre dans la foule qui sortit du théâtre en hurlant : « Au National ! Au National ! » Se répandant dans les rues, elle se dirigea vers les bureaux du journal pro-orangiste de Libri Bagnano, rédacteur principal du National, qui soutenait les prétentions du Roi Guillaume contre les libéraux et les catholiques belges coalisés.

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