La Candidature de Francois Fillon annulée par la loi de séparation des Eglises et de l’Etat

La loi concernant la séparation des Églises et de l’État est une loi adoptée le 9 décembre 1905 à l’initiative du député républicain-socialiste Aristide Briand.
Historiquement, la première séparation est instaurée, de facto, en 1794, par la Convention nationale sous le décret du 18 septembre 1794, qui supprime le budget de l’Église constitutionnelle, et sera confirmée le 21 février 1795 par le décret sur la liberté des cultes.
Mais les républiques qui s’en suivirent furent secouées par une guerre des classes très dure. L’Église en profita pour s’opposer aux républicains tout au long du xixe siècle attaquant sans relâche le monde moderne, le libéralisme, la démocratie et la République, dans ses nombreux journaux, dans les prônes dominicaux et dans les encycliques pontificales. L’Église s’inquiétait et dénonçait l’affaiblissement des convictions religieuses, la montée en puissance du positivisme et du scientisme. Il fallût attendre 1895 et le Ministre de l’Instruction publique et des cultes Émile Combes, avec ses convictions anti-catholique, pour permettre à l’Etat de remettre en pratique la séparation de la religion et instaurer les premières notion de laïcité avec en mars 1904 une commission chargée d’examiner ces propositions et de rédiger un projet de loi. Il faudra attendre alors 1905 pour que la loi soit enfin votée et appliquée.
Par son article 1er, l’État garantit la liberté de conscience, c’est-à-dire le droit de ne pas être croyant, et la liberté de culte si on l’est.
Par l’article 2, l’État, les départements, les communes assurent leur neutralité à l’égard des citoyens, en refusant d’accorder des avantages spécifiques à certains en raison de leurs pratiques cultuelles, ou de revenir sur le droits des autres en raison de leur confession. Les ministres des cultes ne sont forcement plus financés par l’Etat.
Instituées par l’article 4 de la loi, les associations cultuelles dont l’objet exclusif est l’exercice du culte ne doivent pas avoir d’autres buts, notamment elles ne peuvent pas se livrer à des activités sociales, culturelles, éducatives ou commerciales.
Aristide Briand, vivement attaqué par le Vatican des suites de cette loi, devra définir que l’État laïque « n’est pas antireligieux » mais areligieux et si la nuance parrait subtile, l’application elle est conséquente. Cette loi de séparation invente la laïcité à la française.

Mais avec le candidat Francois Fillon, beaucoup craignent un retour à une union de l’État et de la religion, même officieuse, qui réintégrerait ainsi la religion dans le domaine public. Le candidat n’a d’ailleurs pas su cacher ses convictions, lesquelles inspirent plus que largement sa campagne.
Si Francois Fillon parle d’instaurer une loi anti-burkini sous couvert de raisons ostentatoires, La Croix du Christ de sa porte-parole, elle, semble graciée.
Ses positions sur le Mariage Pour tous, fortement discriminatoires, ou encore sa sympathie ouverte pour La Manif Pour Tous, semblent elles aussi largement inspirées par les préceptes de sa religion.
Ainsi que ses positions douteuses sur l’IVG, ici en extrait :  » Philosophiquement et compte tenu de ma foi personnelle, je ne peux pas approuver l’avortement. ». Alors que même le Vatican semble se détendre sur le sujet.
Et nous ne nous étendrons pas non plus sur sa volonté de réécrire l’histoire des Français telle qu’enseignée à l’école dans le but de redorer l’image de la France et ôter ce qui doit continuer de nous faire honte ( notamment le chapitre sur les colonisations et la traitance humaine ).
Le candidat semble bel et bien vouloir défier la liberté de culte ( ce qui s’oppose à l’article 2 ) et s’attaquer à l’enseignement ( article 4 ) ainsi qu’aux droits des femmes et des minorités. Des motifs qui sont fondateurs de la loi sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat. De plus, se proclamer officiellement catholique reviendrait pour l’Etat à financer le mandat d’un orateur catholique, ce que la loi de 1905 à bel et bien prohibé ( article 2 ). Compte tenu de ces éléments, et du potentiel danger au regard de la laïcité telle que décrite par la loi, le Sénat a voté à l’unanimité pour l’annulation de la candidature du républicain.

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