En exécution du mandat d’arrêt européen délivré à son encontre le  par la France, il est extrait de la prison de Beveren et remis le  par la Belgique à la justice française qui doit procéder à sa mise en détention provisoire61. Le même jour, il est incarcéré à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis.

Depuis son arrestation Salah Abdeslam reste muet et n’a fourni aucune explication sur les motifs des attaques commises à Paris ou à Bruxelles. À la suite de la visite en prison du député LR Thierry Solère, qui a pu visionner des images du détenu et en a fait un compte-rendu public, son avocat Me Franck Berton demande l’arrêt de cette surveillance vidéo permanente. Le 15 juillet, sa demande est rejetée par le tribunal administratif de Versailles qui remarque que l’intéressé n’avait pas contesté le principe de ce dispositif lors de son installation et que le « souci de respect de l’intimité [a été pris en compte] par la pose d’un pare-vue fixé dans la cellule permettant la restitution d’images opacifiées »62.

Par ordonnance du , le Conseil d’État rejette la demande de suspension de la vidéosurveillance dont il fait l’objet63.

Le , face au mutisme de leur client, les avocats Frank Berton et Sven Mary décident de se retirer de la défense de Salah Abdeslam qui ne souhaite plus être représenté64. Mais en janvier 2017, Libération publie une partie des échanges épistolaires entre Salah Abdeslam et une femme qui permettent de rendre compte de la personnalité du terroriste ; il apparait comme très engagé dans la religion, se dit pieux et affirme « Je n’ai pas honte de ce que je suis65 ». La justice belge transmet à la justice française des lettres d’Abdeslam à sa famille et à son ancienne fiancée dans lesquelles il justifie ses engagements66.

Salah Abdeslam (incarcéré le temps du procès à la maison centrale de Vendin-le-Vieil) et le Tunisien Sofien Ayari (arrêté en même temps qu’Abdeslam et incarcéré à Liège) sont jugés à partir du  devant la 90e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles pour la fusillade contre plusieurs policiers survenue lors de l’opération du  rue du Dries à Forest, planque probable de Salah Abdeslam pendant sa cavale. Il fait une courte déclaration avant d’expliquer vouloir garder le silence : « Jugez-moi, je n’ai pas peur de vous et de vos associés. Je ne mets ma confiance qu’en Allah. (…) Il y a des preuves tangibles dans cette affaire, je veux qu’on me juge pour ça. Pas pour satisfaire l’opinion publique et les médias. (…) Les musulmans sont jugés et traités de la pire des manières, impitoyablement, sans présomption d’innocence. » L’avocat Sven Mary assure la défense d’Abdeslam67,68.

Merci à Victor Tamessa pour l’information.

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