L’archiduc d’Autriche vient d’être abattu en pleine rue. Une guerre mondiale pourrait commencer.

23 janvier 2017
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Un attentat vient de se produire à Sarajevo en Serbie où le prince héritier d’Autriche a été abattu par un nationaliste. Une guerre mondiale pourrait démarrer suite à cet attentat.

Aucune source ne permet de déterminer avec certitude ce qui s’est réellement passé. Partis de Belgrade, où ils s’exerçaient, les conspirateurs purent traverser la frontière sans encombre avec la complicité certaine d’agents au service de la Serbie et séjourner à Sarajevo quelques jours avant l’arrivée du couple princier.

Un premier attentat sur le chemin de l’hôtel de ville fit des victimes parmi la suite princière mais n’atteignit pas l’archiduc. À 10 h 15, le défilé de six voitures dépassa le premier membre du groupe, Mehmed Mehmedbašić, placé près de la banque Austro-Hongroise ; celui-ci n’osa pas tirer car, selon son témoignage, un policier se tenait derrière lui18. Le deuxième membre, Vaso Čubrilović, laissa passer le convoi, craignant selon ses dires de toucher la duchesse. Nedeljko Čabrinović, lança une bombe (ou un bâton de dynamite, d’après certains rapports) sur la voiture de François-Ferdinand, mais, dans la précipitation, n’attendit pas les huit secondes recommandés pour la lancer : selon la légende, le prince, qui eut le temps de prendre la bombe dans sa main, l’avait jetée par terre19 ou selon d’autres témoignages, la bombe rebondit sur son épaule ; en réalité, la grenade rebondit sur la voiture du prince et atterrit sous la voiture suivante, l’explosion blessant gravement ses passagers (le comte Fos-Waldeck et l’aide de camp du gouverneur territorial, le lieutenant-colonel Merizzi), ainsi qu’un policier et plusieurs personnes dans la foule. Čabrinović sauta dans la Miljacka pour avoir le temps d’avaler sa pilule de cyanure. Les voitures se hâtèrent alors vers l’hôtel de ville, et la foule paniqua. La police sortit Čabrinović de la rivière, et celui-ci fut violemment frappé par la foule avant d’être placé en garde à vue. La pilule de cyanure qu’il avait prise était vieille ou de trop faible dosage, de sorte qu’elle n’avait pas eu l’effet escompté. De plus, la rivière ne dépassait pas dix centimètres de profondeur. Les autres conspirateurs, Cvjetko Popović, Gavrilo Princip, renoncèrent à agir, le cortège de voitures roulant désormais trop vite à moins que certains aient présumé que l’archiduc avait été tué. Le dernier conspirateur, Trifun Grabež, placé au niveau de l’hôtel de ville, renonça aussi, mal positionné en raison des mouvements de foule20.

La tentative d’attentat était considérée par ses auteurs comme un échec. Après une visite houleuse à l’hôtel de ville (François-Ferdinand reprochant au bourgmestre qui l’accueillait Fehim Effendi Curčić : « Est-ce là l’habitude des Bosniaques d’accueillir avec des bombes ceux qui viennent pacifiquement à eux et de bonne foi ? »21), l’archiduc émet inopinément le désir de visiter les victimes de la bombe de Čabrinović avant d’aller déjeuner. Le général Oskar Potiorek décide de changer d’itinéraire et en avertit l’occupant de la première voiture du convoi, le Dr Edmund Gerde, commissaire de la ville mais ce dernier omet de le signaler au chauffeur, qui s’engage par erreur dans l’itinéraire prévu initialement. Lorsque le gouverneur militaire Potiorek lui ordonne de faire marche arrière, la voiture archiducale s’arrête au milieu de la foule. Le jeune Gavrilo Princip, placé devant le magasin Moritz Schiller’s delicatessen22 aperçoit, peu avant onze heures du matin, la voiture de François-Ferdinand qui passe près du pont latin. Princip rattrape la voiture, puis tire deux fois : la première balle traverse le bord de la voiture et atteint la duchesse de Hohenberg à l’abdomen. La seconde balle atteint l’archiduc dans le cou. Tous deux sont conduits à la résidence du gouverneur, où ils meurent de leurs blessures quinze minutes plus tard23.

Arrestation de Gavrilo Princip.

Princip tenta de se suicider, d’abord en ingérant le cyanure, puis avec son pistolet. Comme Nedeljko Čabrinović, il vomit le poison (ce qui fit penser à la police que le groupe s’était fait vendre un poison beaucoup trop faible ou ce qu’ils croyaient être du cyanure)24 ; le pistolet lui fut arraché des mains par un groupe de badauds avant qu’il ait eu le temps de s’en servir.

Par ce geste, les coupables voulaient proclamer leur volonté de voir se réaliser une « Grande Serbie » regroupant tous les Slaves du Sud. Bien que l’archiduc ait été peu apprécié par son oncle l’empereur et roi François-Joseph Ier et que certains (à cause de ses idées sur le futur de l’empire où une place plus grande aurait été donnée aux Slaves) aient vu dans sa disparition un « bon débarras » (tant du côté serbe que hongrois), l’Autriche-Hongrie lance un dernier avertissement avant la guerre (ultimatum) à la Serbie, le 23 juillet 1914.

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