Après la confrontation qu’a eue Mark Zuckerberg avec les sénateurs, il en est ressorti dans la presse francophone qu’il a été perdant.

Or, les actions Facebook tiennent leur niveau et du côté américain, tout le monde s’accorde à dire qu’il s’est bien défendu, 5 heures face à la tête de l’État quand on est un geek de 33 ans, c’est un exploit.

Pourquoi chez nous, on considère qu’il s’est planté ? Parce que Facebook est un monstre qui a échappé au monde entier et particulièrement à la presse. Et d’une manière encore plus forte dans notre « petite presse francophone » qui se fait bouffer des parts de marché par la presse et les médias anglophones.

Récemment, Facebook a réduit considérablement la visibilité des pages au profit des profils. La presse y a perdu beaucoup de visibilité et a réalisé qu’il était bancal d’avoir basé une grande part de leur business sur un seul réseau social, désinvestissant dans la véritable fidélité de leurs lecteurs au profit d’une fidélité virtuelle, algorithmique voire aléatoire.  Lisez cette chronique de Daniel Schneidermann à ce propos.

On voit donc la presse, qui a vanté les mérites de Facebook depuis des années, faisant du réseau social une véritable institution de notre société « N’oubliez pas de nous suivre sur Facebook » « Rejoignez notre page Facebook pour le concours »… se rebeller contre lui désormais.

Facebook a toujours voulu ce qui arrive aujourd’hui. Facebook s’est servi des médias pour qu’ils créent du contenu, qu’ils gardent les utilisateurs sur le réseau. Facebook a utilisé les médias pour qu’ils fidélisent des lecteurs. Les médias ont cru que les gens avaient une forme de fidélité pour eux. Mais cette fidélité n’était accordée qu’au réseau, pas à ses acteurs.

La presse, et nous le voyons aussi sur notre page Facebook Nordpresse, est aujourd’hui totalement dépendante de Facebook. Chez nous, c’est 90% de nos visites.

Depuis le changement d’algorithme, la presse cherche à se défaire du monstre qu’elle a engraissé depuis des années. Et elle fonce donc aujourd’hui dans la brèche des scandales pour essayer d’abîmer la réputation du réseau et pouvoir ainsi à la fois avoir à nouveau un réel poids sur celui-ci.

C’est ainsi qu’on peut voir des « petits arrangements » avec la vérité, la réalité, dans ce tweet et cette accroche de l’Obs:

Ce qu’on lit partout, soit, on peut le penser, par méconnaissance du sens des mots dans la langue anglaise, soit par volonté de désinformer, c’est une traduction de 

« Would you be comfortable sharing with us the name of the hotel you stayed in last night? »

en

« Accepteriez-vous/Seriez-vous prêt/pourriez-vous dire publiquement le nom de l’hôtel où vous étiez hier soir ? »

Ce à quoi, désarçonné, Zuckerberg a répondu après un rire grinçant: « Non ».

Or, la traduction exacte serait plutôt: 

« Seriez-vous à l’aise de partager avec nous le nom de l’hôtel dans lequel vous avez séjourné hier soir? »

Et la question n’est donc pas la même que celle présentée par les médias francophones. Cela peut vous paraître léger comme différence, voire considérer qu’il n’y en a pas, or il y en a une.

Le sénateur lui demande si dévoiler un élément de sa vie privée publiquement est confortable pour lui. 

Ce à quoi, en répondant « Non », Zuckerberg avoue que personne n’a envie de dire publiquement où il a dormi la veille. Et le spectateur le comprend.

Or, dans l’interprétation/traduction lue en France, on comprend « Pouvez-vous nous dire où vous avez dormi hier soir ? »

Ce qui provoque chez le spectateur la réaction « Mais pourquoi est-ce qu’il ne peut même pas donner cette petite info alors que Facebook sait tout de nous ? ».

Une réaction qui n’est pas possible avec la traduction originale.

 

 

 

Comme d’habitude et malheureusement pour l’information en général, un biais idéologique est présent dans nos médias et rend de plus en plus difficile la défense de ceux-ci face aux « organes de propagandes ».

Atteint d’Alzeimer, il remercie Facebook d’avoir stocké toute sa vie depuis 8 ans.

 

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