Petite révolution dans les école de Wallonie. Un collectif de professeurs ardennais entame, cette année, une expérience d’ « échecs éthiques » qui débouchera sur le redoublement d’élèves labellisés « incapables de nos régions ».

 
Actuellement, cette pratique pédagogique douce est pratiquée uniquement dans les écoles d’Ardenne et dans les cantons de l’Est. C’est à l’Athénée de Nassogne (province de Luxembourg), là où aurait pu se tenir PédagoNassonia, projet d’école aux échecs « naturels » que cette méthode nouvelle s’initie cette année. Objectif : buser 12 crétins, une trentaine de gourdes, 120 lobotomisés et une trentaine de gros faisans.

Redoubler « proprement »

Mais pas buser n’importe comment, insiste Michel Tondoir, l’une des huit personnes qui, avec le soutien notamment financier de l’association Mc Kinsey, ont initié le projet au sein de l’Athénée de Nassogne. « Nous voulons revaloriser l’échec scolaire, explique Tondoir. Il n’a pas toujours une bonne image dans le public. Les profs eux-mêmes en sont souvent responsables. Les gens ne voient pas d’un bon œil ces hommes et ces femmes aux méthodes parfois dépassées, qui voient dans un fort taux d’échec la preuve de leurs exigences pédagogiques. Le redoublement a beaucoup perdu en crédibilité et est de plus en plus critiqué. Si on veut qu’il perdure, il faut qu’il évolue et qu’il retrouve ses vraies valeurs. Nous espérons être un exemple dans la région et que d’autres profs nous rejoignent. »

Objectif du collectif qui a attiré une trentaine d’enseignants et une quinzaine de conseillers pédagogiques : mettre en échec les élèves « correctement ». « Nous nous soucions du bien-être de l’enfant, poursuit Tondoir. S’il faut le faire recommencer une année complète, autant le faire proprement et dignement. Il y a trop d’élèves blessés dans leur amour propre et leur confiance en soi. Il y a ceux qu’on sait sauver et ceux qu’on ne sait pas. » Comment faire ? Les profs pratiqueront l’évaluation surprise, le harcèlement, les distractions multiples, avec des hurlements « sages et sans trop de voix ». Le but n’est pas d’effrayer le gosse et de le faire détaler en-dehors de la classe, mais bien de le déranger juste assez pour qu’il panique et se présente dans de bonnes conditions devant l’enseignant. Celui-ci peut alors l’interroger alors que l’enfant est surpris et inquiet.

Un recalé « éthique »

Le produit de cette pédagogie « douce » rentrera dans une toute nouvelle filière de « incapables de nos régions » lancée par le Ministère de l’enseignement. « On n’acceptera pas n’importe quel élève busé, précise la Ministre. Pas de compromis, pas de flingueurs. On n’acceptera que des échecs jusqu’à 30%, causant e redoublement quasi-instantanément, sans débats au sein du conseil de classe. Les élèves présentant d’autres soucis ou des troubles de l’apprentissage seront écartés. C’est la garantie que l’animal, pardon, l’élève, aura été recalé sans stress. Un contrôle PMS sera effectué. L’enfant sera immédiatement orienté à l’atelier de rescolarisation à quelques kilomètres de Nassogne. » Dix écoles sont déjà identifiées, ainsi qu’un site internet.

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