Communiqué de presse concernant l’affaire Sudpresse Nordpresse Episode 2

 

Ce 31 octobre 2019, la société Sudpresse, leader de la presse locale en Belgique francophone, a engagé une action en cessation devant le Tribunal de Commerce de Liège, division Namur, visant le site satirique Nordpresse ainsi que son fondateur, Vincent Herregat communément connu sous le pseudonyme Vincent Flibustier. L’audience est prévue pour ce mardi 5 novembre.

La requête de la filiale du groupe Rossel vise la suppression de nombreuses publications concernant des opinions à propos de la déontologie journalistique du plaignant. En cas de refus, Nordpresse et son fondateur se verraient infliger une astreinte de 10,000 euros par jour pour un des sujets, 25.000 euros pour l’autre.

Bien que Sudpresse et Nordpresse n’en soient pas à leur premier conflit juridique, l’objet de ce conflit ne remonte qu’à la mi-octobre. Suite à une publication de Sud Info sur les réseaux sociaux, Nordpresse et sa communauté ont vivement critiqué une titraille jugée indécente. Celle-ci proposait aux internautes de prendre connaissance, nous citons, des « détails sordides » sur le viol d’une adolescente de 13 ans.

En réaction, Nordpresse a suggéré à ses abonnés de faire connaître ces pratiques éditoriales aux annonceurs du groupe Sudpresse. Certains d’entre eux s’en sont étonnés et ont parfois pris la décision de revoir leur partenariat avec le média. De plus, Vincent Herregat a lui même tenté d’avertir le conseil d’administration du groupe Rossel sur les raisons de son mécontentement et écœurement.

Nordpresse ne reviendra pas sur les conflits juridiques passés. Toutefois, le média satirique ne cache pas que sa ligne éditoriale s’inscrit dans une opposition avec celle du groupe Sudpresse. Les témoignages reçus par sa communauté nous conforte dans l’idée que le journalisme pratiqué par ce groupe de presse nuit à la vie privée de victimes de faits divers. Il suffit de consulter les pages Facebook de Sud Info afin de constater que ce type d’articles constitue le fond de commerce.

En guise de transparence, Nordpresse joint à ce communiqué la citation en cessation précitée. L’avocat de Vincent Flibustier sera présent lors de l’audience et le défendra de cette tentative de censure. La communauté de Nordpresse travaille sur les arguments qui seront apportés et envisage d’interpeller Bénédicte Linard, Ministre de la Petite enfance, de la Culture, des médias, de la Santé et des droits des femmes. Vincent Flibustier et Nordpresse communiqueront sur les suites de cette affaire après l’audience de ce mardi.

 












Mon message personnel: 


Mon nom est Vincent “Flibustier” Herregat. Je gère le site et la page Facebook Nordpresse depuis maintenant 5 ans, en compagnie d’autres personnes aussi sympathiques, militantes et humanistes que j’essaye de l’être au jour le jour.
 
Si je vous écris aujourd’hui, chers journalistes, chers responsables politiques, chez annonceurs, chers citoyens, chères citoyennes, c’est parce que le principal groupe de presse de Belgique francophone, le plus subsidié, pour plus de 2 millions d’euros d’aides par an, continue de refuser de changer sa ligne éditoriale basée sur la douleur des gens.
Ils veulent que le status quo reste et abattre le messager plutôt que de réfléchir au message que nous diffusons tous, citoyens révoltés par leur ligne.
 
Une ligne éditoriale qui ne se gène pas pour parler du viol d’une fille de 13 ans avec des titres putaclics “—> Nos révélations (VIDEO)”, « elle a appelé après sa maman », pour générer des revenus publicitaires et des abonnements.
 
Sudpresse, depuis des années, bousille des vies et attaque toute personne qui chercherait à obtenir justice ou réclamer plus d’humanité dans leur traitement de l’information.
 
Ils utilisent tous les moyens à leur disposition pour aller toujours plus loin dans l’ignominie, obtenant des vidéos d’accident de la police, traquant et harcelant les victimes et leurs proches.
 
Si je mets ma vie professionnelle et privée en danger depuis des années, ce n’est pas par plaisir, par pure folie.
 
Ce combat contre cette presse m’a déjà coûté plusieurs emplois, clients, amis.
 
Ce combat m’a coûté plusieurs milliers d’euros.
 
Ce combat m’a coûté la santé, parfois.
 
Ce combat, je continue à le mener parce que ces gens sont prêts à tout pour défendre leur manière de fonctionner. Une manière de fonctionner qui consiste à, de manière non exhaustive:
 
– Voler des photos de personnes décédées sur des sites de condoléance pour illustrer leurs articles
– Contacter des mineurs sur Facebook pour leur demander des détails sur la mort de leur professeur, dans une période où tous étaient déjà traumatisés
– Acheter des vidéos d’accident de voiture, notamment une collision frontale filmée d’un conducteur fantôme qui tue 4 personnes sur le coup.
– Faire du putaclic sur tout un tas d’informations lugubres, comme il y a 2 ans avec le jeune Valentin où on pouvait lire “Cliquez ici pour découvrir nos révélations sur la torture qu’il a subit, il lui on inséré un objet de police…. Découvrez lequel dans l’article en vous abonnant”. Ceci n’est pas qu’une dérive rare mais bien tout un système, je vous invite à regarder leur page facebook Sudinfo pour vous en rendre compte vous même.
– Combattre bec et ongles en justice toute personne qui chercherait à obtenir un peu de décence quant à sa vie privée.
 
C’est ainsi que je suis depuis 2 ans une maman dont la mémoire du fils assassiné a été salie par Sudpresse, la maman réclame juste la paix et le retrait des photos de son fils décédé et ils refusent, combattant au tribunal pour la faire passer pour folle.
 
Je comprends que de l’extérieur cela peut vous laisser indifférent, mais c’est souvent le cas jusqu’à ce que quelqu’un de notre entourage en soit victime.
 
Et ce que je veux, du plus profond de mon coeur, c’est que cessent ces méthodes qui détruisent des vies depuis des années en toute impunité.
 
Je veux éviter le plus possible de savoir qu’à nouveau, comme c’est le cas plusieurs fois par mois, des familles se voient encore plus enfoncées dans leur douleur par le harcèlement et les publication sordides de Sudpresse.
 
J’en appelle à vous, décideurs, journalistes, citoyens, citoyennes, pour diffuser ce message et que ceux qui ont le pouvoir de faire changer les choses l’utilisent. D’urgence. Parce que c’est toute la presse qui subit l’image désastreuse de ce groupe. Parce que Sudpresse fait sûrement 1000X plus de mal à l’image de la presse que Nordpresse, contrairement à ce qu’ils veulent faire croire.
 
Aujourd’hui, ils m’attaquent encore en justice pour me faire taire, me réclamant des sommes délirantes (25,000 euros par jour, puis 10.000 euros par jour) pour me faire tout supprimer. Je ne céderai pas.
 
Nous sommes désormais des milliers à vouloir justice. A vouloir que le courage médiatique et politique se mettent en marche pour faire cesser ça.
 
Que l’humanité soit au coeur de notre presse. Que cessent les pratiques qui salissent tout. Que ce n’est pas parce qu’ils ont toujours fonctionné comme ça que c’est normal.
 
Un changement est en train de se produire. Les consciences s’éveillent et réclament que l’argent public soit utilisé pour promouvoir des informations de qualité.
 
Les citoyens contactent aussi les entreprises dont ils sont clients pour réclamer de cesser de financer le journal qui a affiché leur cousine morte dans un accident de la route avec (PHOTOS VIDEOS DETAILS EXCLUSIFS).
Plus personne ne veut continuer à financer des journalistes dont le métier est de montrer le sang sur le sol sorti de la cervelle d’un jeune homme mort à moto.
 
Dans 20 ans, on hallucinera de voir ce qu’on a laissé produire par une presse subsidiée.
Un changement est en marche et ils feront tout pour empêcher qu’il se produise. Soyez du bon côté du changement ou la vague vous emportera aussi.
 
Et encore une fois, du plus profond de mon âme, merci à toutes celles et tous ceux qui ont été, sont là ou seront là pour moi, parce que sans vous, je ne serai pas aujourd’hui sur mes deux pieds. Je vous aime comme ma famille ma plus proche et vous serai éternellement reconnaissant. Je pense que nous serons fiers un jour de nous croiser sous le soleil d’un barbecue avec nos enfants en trinquant à une presse bien meilleure que dans les années 2010.
 
Vive le journalisme, vive les journalistes.
 
Merci de partager ça partout. Aux journalistes, aux médias, à vos amis, aux annonceurs, à tous. J’ai besoin de vous, plus que jamais. Parce que sans vous, la presse n’en parlera pas, par peur.

 

 

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